The Hours

The Hours sur Canal. Je l'avais raté à sa sortie.  

 

Quel film!

 

Quand, après la dernière image d'un film, vous êtes là figé, recroquevillé sur vos pensées,  la larme qui avait commencé à couler arrivant au bord des lèvres, vous êtes comme un con, vous demandant si vous n'êtes pas passé à côté de l'autre vie, la Belle, la Profonde, la pleine d'émotions vraies, la Riche, 

celle qui se contente de regards et de caresses, la Grande, la Privilégiée, celle qui vous laisse ce sentiment de bonheur parfait quand on a rêvé pendant la nuit qu'on a tenu la main de celle que l'on aimerait tant aimer. 

Ces réalisateurs de rêves sont des sorciers. Quand ils parviennent à vous envouter, ce sont de grands cinéastes. Gratitude.

Il vous reste dans la tête plus que des images : comme une communion, une osmose avec le destin de ces trois femmes, le suicide de Virginia, le courage de Laura et le désespoir de Clarissa.

Mais qu'importe ce qu'il y a derrière l'écran, que les actrices ont été stupéfiantes, le réalisateur génial et que chaque image est techniquement parfaite.

Est-il important de savoir que Sagan écrivait à la machine ou avec un crayon mal taillé, que Despentes a besoin de drogue pour décrire son nombril, que Brel vomissait avant d'entrer en scène?

L'important, c'est ce qu'ils nous apportent et s'ils nous touchent en plein coeur.

Ce matin, j'ai plein d'images dans ma tête et une envie folle de retourner dans la vie de ces trois femmes.

Si tu peux faire le voyage, n'hésite pas, regarde le film. Je t'attends là-bas, avec Elles.